Une journée pour passer de la théorie de l’IA aux cas concrets dans le maritime
Aux côtés d’un groupe de professionnels du shipping, nous avons passé une journée à répondre à une question simple : où l’IA crée-t-elle réellement de la valeur dans les opérations maritimes ? De la compréhension des modèles à l’analyse de contrats et des surestaries, la formation a alterné entre pédagogie, démonstrations et échanges très concrets.
Ce que les participants ont exploré
⚙️ Comprendre ce que l’IA peut (et ne peut pas) faire
Nous avons retracé le chemin des systèmes experts basés sur des règles jusqu’à l’IA générative actuelle, puis clarifié un point clé : les modèles ne “savent” rien, ils exploitent des données et un contexte. D’où l’importance de :
- donner un contexte complet dans ses prompts ;
- connaître les limites des modèles (hallucinations, biais, données obsolètes) ;
- ne jamais utiliser l’IA comme “oracle” pour les décisions critiques.
🚢 Trois cas d’usage concrets pour le maritime
À partir de cas réels, nous avons illustré comment l’IA peut générer du ROI rapide dans le shipping.
1. CP Reader – Accélérer et sécuriser l’analyse de contrats
Nous avons montré comment un outil comme CP Reader aide les équipes à :
- identifier rapidement les clauses clés, les incohérences et les doublons ;
- analyser les risques en tenant compte du pays, du port, de la route, du cargo et du trade ;
- vérifier la conformité par rapport aux standards BIMCO ;
- capitaliser les enseignements passés pour éviter de répéter les mêmes erreurs.
Résultat : moins de temps passé à “chasser les clauses” et plus de temps pour négocier réellement.
2. Demurrage Platform – Réduire le temps de calcul et les coûts
Sur la partie surestaries, nous avons travaillé autour d’une plateforme capable de :
- intégrer CPs, SoFs, NoRs et bills en quelques clics ;
- réaliser des calculs de laytime en moins d’une minute (vs plusieurs heures à la main) ;
- réduire d’environ 95 % le temps de calcul ;
- générer des analyses permettant jusqu’à 15 % d’économies sur les demurrages.
L’objectif : libérer les analystes pour se concentrer sur les réclamations à forte valeur et sur l’optimisation des opérations.
3. Assistant interne SYNIA – Partage de connaissances et productivité
Enfin, nous avons exploré le potentiel d’un chatbot interne dédié à l’entreprise, capable de :
- se connecter aux bases de connaissances internes (procédures, CPs, claims, RH, etc.) ;
- exécuter des actions prédéfinies (extractions, formats, recherches) ;
- créer et partager des “agents” spécialisés (Asbatankvoy, VMS, RH…)
- fonctionner sur des serveurs sécurisés hébergés en Europe, avec données chiffrées.
En pratique, ce type d’outil permet typiquement +30 % de productivité par collaborateur et -80 % de temps d’onboarding pour les nouveaux arrivants, tout en gardant le contrôle sur les données.
Pour identifier les bons cas d’usage, nous sommes revenus plusieurs fois à la même question :
« Quel processus répétitif vous fait perdre du temps que vous devriez consacrer à votre expertise métier ? »
L’humain reste au centre
Un point a fait consensus : l’IA ne remplace pas l’expertise maritime. Elle automatise surtout l’administratif, la recherche d’information et les calculs répétitifs. L’humain reste indispensable pour :
- les décisions engageant des montants importants ;
- les sujets à risque réputationnel ;
- la relation client et les négociations ;
- l’arbitrage final sur les risques.
Un secteur traditionnel qui passe à l’action
Bien que le maritime soit historiquement prudent et très processé, les échanges ont montré une réalité claire : les équipes sont prêtes à expérimenter, à condition de le faire de manière sécurisée, pragmatique et orientée ROI.
Merci à ASDEM et aux participants
Merci à Andrew et à toute l’équipe d’ASDEM Ltd pour leur confiance et l’organisation de cette journée, ainsi qu’aux participants pour la qualité des questions et des discussions.
Si vous vous demandez par où commencer, le point de départ est souvent le même :
« Quel processus répétitif vous fait perdre du temps que vous devriez consacrer à votre expertise ? »